Une cité fortifiée au Moyen Âge

XIe siècle : les premières fortifications ?

Les premières sources écrites évoquant La Châtre et des fortifications remontent au XIe siècle. Ebbes de La Châtre, descendant de la Maison de Déols, est alors premier seigneur du lieu depuis 1012.

Les historiens locaux parlent d'une enceinte canoniale, d'un religieux, « Herbert de Castra » en 1075, d’une "turrim de Castra" en 1209. On peut penser que la rue du Château-Vieux évoque cette première défense, une motte castrale se trouverait à l'arrière du presbytère. Hormis les toponymes, nous n'avons aucun vestige rigoureusement attesté de cette époque. Ces noms de rues n'étant pas attribués par hasard, nous pouvons raisonnablement penser à une origine médiévale de la cité castraise.

Après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenet en 1152, le Berry se trouve au cœur des multiples conflits entre les rois d'Angleterre et France : en 1152 la ville est brûlée ; en 1360, les Anglais s'emparent de La Châtre dépourvue de défenses sérieuses car sans seigneur résidant. 

XVe siècle : une nouvelle enceinte est édifiée

En réponse à l'insécurité due à la guerre de Cent ans, vers 1417-1420, on édifie une nouvelle enceinte avec tours, portes et fossés, puis, en 1424, Guy II de Chauvigny construit un château qui domine la vallée de l'Indre.

 

 

Les vestiges des enceintes du XVe

Tour Dauphin
La Tour Dauphin constitue l'angle du bâtiment

Les restes de la tour Dauphin demeurent visibles à l’arrière du bâtiment des services sociaux situé au fond de place des Carmes ; les bases de la tour du Couchant sont observables dans le jardin George Sand. Il reste également des traces des remparts dans la toponymie urbaine : la rue des Fossés-Saint-Jacques, la rue de Lucet qui viendrait de huisset (petite porte), la rue du Château-Vieux qui pourrait évoquer un premier site défensif de la ville, le faubourg Saint-Abdon évoque un quartier situé « hors les murs ». Ces enceintes furent démolies vers 1788.


Les portes de la Ville

Vierge à l'Enfant
Vierge à l'Enfant protectrice de la porte Notre Dame

  Trois portes principales et de plus petites appelées huissets  donnaient accès à la Ville. Le portail St-Germain à la jonction de la rue de Belair et du passage du Frioul ; la porte Saint-Jacques à cheval sur l'actuelle rue Nationale vers la rue des Fossés Saint-Jacques ; la porte Notre-Dame enjambait la rue Notre-Dame entre les rues Jules Sandeau et des Trois-marchands.

Le Grand Huisset se situait à proximité du restaurant, "L'Escargot" ; l'huisset St-Antoine au niveau des Grands Escaliers.

 

Vierge à l'Enfant (XVe siècle)

 

Au dessus de chaque porte flanquée de deux tours, une niche abritait le saint protecteur. Quand en 1788 on décida de détruire portes et murs d’enceintes, la statue de la porte Notre-Dame prit place sur  les murs de l’auberge la plus proche, actuellement l’hôtel Notre-Dame. Elle a été classée au titre des Monuments historiques en 1925.


Le donjon des Chauvigny

Donjon des Chauvigny
Château des Chauvigny, édifice emblématique de La Châtre

Le donjon des Chauvigny, monument emblématique de La Châtre, fut construit entre 1424 et 1427. Il fut principalement utilisé par les seigneurs de Chauvigny comme résidence pour venir chasser. Au XVIIIe siècle, il servit de prison. En 1937, il fut acheté et restauré par Jean Depruneaux, pharmacien et collectionneur. Il en fit un musée privé rassemblant de nombreux souvenirs de George Sand et de ses amis ainsi que des œuvres d’artistes locaux. En 1939, il accuiellit les collections du musée municipal. A sa mort, il légua son musée à la ville qui en prit possession en 1966. Le musée est actuellement fermé, mais quelques pièces de ses collections sont visibles au Musée de Poche, à l’hôtel de Villaines.


En savoir plus :

Geneviève Bor, "A la recherche des vestiges des enceintes de la Châtre au XIe et XVe siècles", Revue des Amis du Vieux La Châtre, N° 4, 2012, pp. 4-8.

Monique Delclaux, "Monuments et objets classés ou inscrits au titre des Monuments historiques à La Châtre", Revue des Amis du Vieux La Châtre, N° 5, 2013, pp. 15-18.

Monique Delclaux, "Le patrimoine jacquaire de La Châtre", Bulletin des Amis du Vieux La Châtre, N° 1, 2009, pp. 16-17.

Monique Delclaux, "Un mécène à La Châtre, Jean Depruneaux fondateur du Musée George Sand et de la Vallée-Noire", Revue des Amis du Vieux La Châtre, N°4, 2012, pp.38-44

Valérie Robardet, "Vestiges : mystère autour de la motte féodale", Bulletin des Amis du Vieux La Châtre, N° 1, 2009, pp. 1-3.