La Châtre du XIXe siècle à nos jours

 

Du milieu du XIXe au début du XXe siècle, les chantiers de construction se succèdent à La Châtre. La ville se dote de nouveaux édifices publics (Palais de Justice, sous-préfecture, abattoirs, nouvel hôpital, gendarmerie, écoles). Avec l’arrivée du chemin de fer, un nouveau quartier voit le jour entre le centre et la gare, à l’ouest de la ville. Au début du XXe siècle, l’église Saint-Germain fut reconstruite et un musée fut installé dans l’ancien donjon des Chauvigny. 

 

Le Palais de justice (place de la République)

 

C’est en 1855 que la décision de construire un palais de justice est prise par le Conseil municipal. L’emplacement retenu est celui de la promenade du Champ de foire, qui donne sur la rue Impériale (actuelle rue Nationale). Il fallut attendre janvier 1857 et plusieurs projets remaniés pour que soit accepté le projet d’Alfred Dauvergne, architecte du département de l’Indre. Les travaux vont durer deux ans et le 1er janvier 1860 le Tribunal de La Châtre emménage dans ce nouveau bâtiment. La place prit alors le nom de promenade du Palais de justice (on y plantera 32 marronniers), puis en 1901 celui de place de la République.

 

 

 

Construit dans le style néo-classique, on accède à l’intérieur par un escalier conduisant à un vaste perron surmonté d’un portique à colonnes avec chapiteaux soutenant un fronton. Les locaux comprennent une salle des pas-perdus, une salle d’audience qui a gardé son mobilier de 1860, et différentes salles (des témoins, du conseil, du procureur, du greffe, des pièces à conviction, etc.). Ce bâtiment est propriété de la Ville depuis le 1er janvier 2010. 


Les monuments aux morts

 

Le monument aux morts de la guerre de 1870 (place Vergne)

Les monuments en hommage aux morts de la guerre de 1870 sont rares en France. À La Châtre, à la demande des « vétérans », un monument fut édifié sur la place appelée alors place du Bosquet. En lave de Volvic, il a une forme d’obélisque et est orné d’un trophée d’armes avec l’inscription « Oublier jamais », la devise des vétérans. 

 

Le monument aux morts de l’arrondissement

(place de la République)  

Conçu pour honorer les morts de l’arrondissement lors de la guerre de 1914-1918, ce monument a été réalisé par les architectes Gaud et Grellier et par le sculpteur Ernest Nivet (1871-1948).

Ce dernier a été dans sa jeunesse praticien dans l’atelier de Rodin. Revenu en Berry, il s’est attaché à traduire dans la pierre et la terre le monde paysan. Il réalisa aussi des compositions monumentales pour de nombreux monuments aux morts dans le département de l’Indre. La Berrichonne du monument de La Châtre lui valut une médaille d’or au salon des Artistes français de 1923.

 


Quartier de la sous préfecture et de l’avenue de la gare

 

L’arrivée du chemin de fer à La Châtre et la nécessité de construire une sous-préfecture digne de ce nom conduisent la ville à développer des projets d’urbanisme à l’ouest du centre ville, tels que la création de nouvelles rues, places et jardins, aménagement d’un champ de foire. L’avenue de la gare, inaugurée en 1882 en même temps que la gare, devint l’artère à la mode où l’on vient se promener. Des hôtels, restaurants, salle de danse s’édifient à proximité de la gare. Des particuliers se font construire des maisons « de plaisance ».

 

 

 

La sous-préfecture

 

Elle fut construite en 1878-1879 par les architectes Alfred et Henri Dauvergne à proximité du nouveau champ de foire. 

 

 


 

La villa des Riottes

 

Cette curieuse villa, sise sur l’ancienne avenue de la Gare, date de 1905, est souvent appelée « la maison en ciment ». Maison de plaisance à l’origine, son intérêt provient de son originalité architecturale et technique : un style renaissance au XIXe et des murs en ciment !   Le procédé de construction dit de «pierre armée» fut inventé par les frères Pauchot de Bègles en Gironde. Il consiste à couler un béton armé imitant la pierre et à le sculpter avant durcissement complet. Ainsi la villa des Riottes présente : un escalier intérieur desservant sept demi-niveaux, une terrasse sur le toit, une façade principale faite de plaques en pierre artificielle au décor d’inspiration Renaissance maniériste, un escalier monumental, des colonnes ioniques, des pilastres en clôture... Cette maison a réussi malgré le temps à conserver son décor d’applique.

 


Square George Sand et Jardins publics 

 

En 1877, la municipalité de La Châtre décida d’ériger une statue en hommage à George Sand, décédée un an plutôt. En marbre de Carrare, elle est due au ciseau d’Aimé Millet (1819-1891) qui fut l’élève de David d’Angers.  La statue fut installée dans un jardin à proximité de la sous-préfecture. Elle fut inaugurée le 10 août 1884 en présence des enfants de la romancière et de nombreuses personnalités : Ferdinand de Lesseps, les écrivains Arsène Houssaye et Paul Meurice, les éditeurs Buloz et Calmann-Levy.  Aimé Millet est aussi l’auteur du médaillon en bronze qui orne la tombe d’Alphonse Fleury au cimetière de la ville.

 

Statue de George Sand

En marbre de Carrare, elle due au ciseau d’Aimé Millet (1819-1891) qui fut l’élève de David d’Angers. La statue est érigée dans un jardin près de la sous-préfecture.

Stèle d’Henri de Latouche

Cette stèle rend hommage à l’écrivain, poète et journaliste Henri de Latouche, né à La Châtre, le 2 février 1785 et mort à Châtenay-Malabry le 8 mars 1851. Inaugurée en 1934, elle est en granite de Crevant et ornée d’un médaillon de David d’Angers. Elle se trouve dans le jardin Pierre de Boisdeffre.


Les anciens abattoirs (rue du Maquis)

 

La ville de La Châtre s’est dotée d’un abattoir municipal en 1858, plus de quarante ans après Paris. Il a fonctionné jusqu’en 1993. Deux architectes se sont succédés pour mener à bien le projet : André Bisson puis Charles André dit Simon, originaire de La Châtre. Les bâtiments - pavillons d’entrée, grande halle avec ses abreuvoirs, grilloir et abattoir réservés aux porcs - constituent un précieux témoignage de l’architecture néo-classique des constructions civiles et utilitaires du milieu du XIXe siècle.  Actuellement les bâtiments sont occupés par le centre de Formation pour la Restauration du Patrimoine du Berry (FOREPABE).

 

 

En savoir plus 

 

-Palais de justice

 Jacques Bor, « Le palais de justice de La Châtre », Bulletin des Amis du Vieux La Châtre, N° 2, 2010, pp. 6 -10.

 

-Monuments aux morts :

Jacques Bor, « La place du docteur Vergne », Bulletin des Amis du Vieux La Châtre, N° 3, 2011, p. 8

Francesca Lacour, « Ernest Nivet, une vie, une œuvre », Bulletin des Amis du Vieux La Châtre, N° 2, 2010, pp. 24-29 Lucien Lacour, « Célébration et deuil collectif. Les monuments aux morts de l’ancien canton de La Châtre », Revue des Amis du Vieux La Châtre, N° 7, 2015, pp. 30-35

 

Trois films de Joseph Limousin et Pascal Guilly sont consacrés à Ernest Nivet et son oeuvre :

  • Ernest Nivet sculpteur dans le Berry
  • Joseph Limousin, "Monument aux morts de 14-18 sculpté par Nivet (inauguration du monument de Châteauroux), 1937
  • Joseph Limousin, "Monument aux morts 14-18 de l'Indre" (les Pleureuses inauguré en 1932), 1944
  • Pascal Guilly, "D'âme et de pierre" (itinéraire de Ernest Nivet), 2014

 

-Avenue de la gare et square George Sand

Monique Delclaux, « La création du quartier de l’avenue de la gare au XIXe siècle », Revue des Amis du Vieux La Châtre, N° 5, 2013, pp. 29-35.

Pierre Remérand, « L’architecture de l’avenue de la Gare », Revue des Amis du Vieux La Châtre, N° 5, 2013, pp. 36-40

 

-Abbatoirs

Monique Delclaux, « Les anciens abattoirs ».

Pierre Remérand, « Les architectes de l’abattoir », Revue des Amis du Vieux La Châtre, N° 3, 2011, pp. 24-34